« Le développement durable est inscrit dans l’ADN de Verescence »

Leader mondial du flaconnage en verre pour l’univers de la Parfumerie et de la Cosmétique, Verescence travaille, d’Estée Lauder à LVMH en passant par L’Oréal, pour les plus grandes marques du secteur. La société, qui offre à ses clients une couverture industrielle internationale, place l’écoresponsabilité au cœur de sa stratégie. Rencontre avec Thomas Riou, PDG de Verescence.

Verescence a été précurseur en matière d’écoresponsabilité à une époque où la thématique était moins porteuse qu’aujourd’hui. Pourquoi vous être positionnés si tôt dans ce domaine ?

Thomas Riou : Le développement durable figure dans l’ADN de l’entreprise puisque dès 2008, et même avant, nous avons commencé à travailler autour de la thématique. Nous avons implanté, très tôt, des fours à oxycombustion (où l’oxygène remplace l’air de la combustion), ce qui permet d’avoir des niveaux d’émission plus bas que ceux des fours traditionnels, de l’ordre de moins 30 %. Bien entendu, côté conception du produit, il faut mentionner l’utilisation de verre recyclé post-consommation (PCR) pour la fabrication des flacons. Et nous continuons à être précurseurs. Nous sommes, par exemple, le premier verrier à avoir obtenu la mention « Platine » délivrée par l’agence de notation EcoVadis pour l’ensemble de nos sites dans le monde et le premier à nous engager dans l’initiative Science Based Targets (SBTi).

Quelle place occupe l’utilisation du verre recyclé dans la totalité de votre production ?

Thomas Riou : Le verre recyclé PCR que nous utilisons aujourd’hui (Verre Infini® 40) n’est fabriqué qu’en France. Il représente 10 % de nos ventes, mais 20 % de nos nouveaux business. Il s’agit donc d’un véritable succès. Cette année, nous allons lancer une nouvelle composition, le Verre Infini® 20. Il possède un taux inférieur de PCR afin d’obtenir une couleur qui correspond davantage aux attentes de nos clients parfumeurs et donc élargir la base de ceux qui parmi ces derniers vont nous demander d’utiliser du verre recyclé pour la fabrication des flacons. D’ici à la fin 2021, notre plus gros four en France, notre four espagnol et notre four américain ne fabriqueront plus que cette composition. En conséquence, au niveau mondial, 75 % à 80 % de nos productions seront composées de verre PCR. 

©GuillaumeCrochez

Peut-on imaginer le lancement de flacons en verre sous format « rechargeable » ?

Thomas Riou : Le verre PCR ne représente qu’une partie de notre proposition. Notre stratégie en matière de recherche et développement repose sur les 4 R. D’abord « Reduce », l’allègement du verre avec un poids abaissé de 20 % à 60 %, ayant un impact considérable sur les émissions de CO2. Ensuite « Re-use », catégorie dans laquelle les produits rechargeables sont inclus et pour lesquels nous avons déposé des brevets. Il y a aussi le « Recycle », donc le verre PCR dont nous avons déjà parlé. Et enfin le « Replace ». Il s’agit de faire en sorte que le verre retrouve une place importante pour, par exemple, remplacer le plastique. Il y a 80 ans, tous les bouchons de parfum étaient en verre. Ils sont aujourd’hui en plastique. Chez Verescence, nous pensons qu’il existe une voie pour repositionner intelligemment le verre, matériau recyclable à l’infini, sans aucune altération de ses propriétés. 

Vos unités de production sont présentes dans le monde entier. Privilégiez-vous les circuits courts ? 

Thomas Riou : Les trois piliers de notre stratégie RSE sont les suivants : « People first », « Eco solutions », et « Act for society ». C’est ce dernier qui se rapporte à votre question. Verescence est un groupe international avec un fort ancrage local. Actuellement, nous sommes les seuls dans le monde à avoir en tant que verrier, leader en flaconnage, des implantations au plus près de nos clients. Nos sites se situent sur la côte Est des Etats-Unis, en France et en Espagne. Ces trois zones représentent 80 % du conditionnement des parfums de luxe dans le monde. Il nous manquait l’Asie, région que nous couvrons désormais, suite à l’acquisition du verrier sud-coréen Pacificglas. Dans cet ensemble, notre stratégie est très claire. Nous refusons la mise en œuvre de longues chaînes logistiques. Nos implantations locales produisent pour les clients locaux. De même, côté fournisseurs, 96 % de la totalité de nos achats sont des achats locaux. Nous créons des écosystèmes qui nous permettent d’être autonomes dans chacune de nos zones. 

Qu’en est-il des process de production eux-mêmes ?

Thomas Riou : Nous travaillons en permanence sur ces derniers pour optimiser nos performances en matière d’émissions de CO2, de consommation d’eau, et de production de déchets. Notre approche est globale et nous travaillons au quotidien avec l’ensemble des équipes pour favoriser des investissements moins émetteurs et moins énergivores. Nous favorisons la mise en place de flux logistiques qui soient les plus simples possible. Nous équipons l’ensemble de nos sites industriels d’outils de mesure électronique équipés de système d’alerte qui permettent à tout instant de connaître le niveau de consommation d’eau, d’énergie. De plus, nous participons à des projets plus impactants, comme « Furnace for the future ». Soutenu par la Communauté européenne, il regroupe 19 verriers européens et doit aboutir à la création d’un four opérationnel de dernière génération sur la base d’une technologie de rupture. Il permettra de diminuer les émissions de CO2 des fours de 60 à 80 %.




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